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L’église fait un « geste de reconnaissance financière » pour les victimes de ses pédophiles

Abus mainsUn "geste de reconnaissance financière" sera prochainement attribué à toutes les victimes de pédophilie au sein de l'Église catholique, a confirmé sur France-Info le porte-parole de la conférence des évêques de France, Thierry Magnin. "La décision de principe est actée", a-t-il assuré, en précisant que les modalités de cette "allocation" seront soumises samedi 9 novembre 2019 au vote des évêques de France lors de leur assemblée plénière à Lourdes.

Une « somme forfaitaire »

Ce geste financier, nommé "allocation de reconnaissance de la souffrance des victimes", prévoit un dispositif à destination de l'ensemble des victimes, qu'elles aient été indemnisées au terme d'une procédure judiciaire, ou non. Elle concernera également celles pour qui les faits sont prescrits et qui se sont manifestées auprès des cellules d’écoute dans les diocèses, a confié Thierry Magnin : "Nous pensons que cette allocation est pour tous", a-t-il souligné.

Le montant de ce "geste financier", qui se comptera en milliers d'euros, sera forfaitaire, précise le porte-parole de la conférence des évêques de France : "Il y a des gens qui souffrent beaucoup plus que d'autres de faits qui paraissent moins graves. Donc nous ne sommes pas en train de faire des graduations dans la souffrance."

L’église reconnaitra financièrement ses victimes avec l’argent des donateurs

Environ 200 victimes pouvant prétendre à cette "allocation" ont déjà été identifiées. Il devrait néanmoins y en avoir davantage, car plus de 2 000 témoignages ont été recueillis dans les 3 premiers mois d’activité par la commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Église (CIASE) qui commencé à entendre 16 victimes ou témoins d’abus.

Le financement de ce "geste de reconnaissance financière" se fera par un appel aux dons. "Il y aura un fonds spécifique", a assuré Thierry Magnin. "Nous ne prendrons pas d'argent sur les associations diocésaines, d'ailleurs juridiquement et fiscalement ce n'est pas possible".

Les ecclésiastiques coupables d'actes pédophiles pourront donc aussi y contribuer. Les premiers versements sont attendus "dans le courant de l'année 2020".

Quid des autres victimes d’abus sexuels de l’église ?

A l’automne 2018, les évêques avaient voté la création d’une commission chargée de faire la lumière sur les crimes commis par des clercs ou des religieux depuis la fin des années 1950, débouchant depuis, à la mise sur pied de la CIASE qui a commencé ses travaux en juin 2019 (voir « La commission Sauvé : une écoute pour les victimes d’abus sexuels dans l’église »). Son président, Jean-Marc Sauvé, viendra en rendre compte devant les évêques.

Si la volonté de l’église est de reconnaitre ses victimes - toutes ses victimes - elle ne doit pas faire la distinction entre celles de pédocriminels, et celles de prédateurs sexuels ayant abusé des personnes, fut-elles adultes ou jeunes adultes. Dans tous les cas, des dégâts psychologiques sont présents, et ont modifié peu ou prou, le cheminement de leur vie.

Après la reconnaissance salvatrice des médias et de l’opinion, espérons que les assistantes qui furent les proies du prêtre Thomas à l’Arche pendant 25 ans, pourront bénéficier de cette allocation, aveu du mal donné par une église défaillante dans une association aveugle et sourde (voir « 25 ans d’abus sexuels sur les assistantes par le prêtre co-fondateur de l’Arche, le Père Thomas »).

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